Prévenir et lutter contre le cyberharcélement

Dans le précédent article sur ce thème, nous avons tâché de définir le cyberharcèlement ainsi que le cadre législatif qui le punit. Tentons aujourd’hui de prévenir et lutter contre les premiers risques auxquels sont confrontés les jeunes sur Internet.

Prévenir le cyberharcèlement : instaurons un lien de confiance avec nos jeunes quant à leur autonomie sur Internet.

 

L’intimidation sur internet : commençons par en parler en famille

Il est important d’envisager le cyberharcèlement comme l’expression d’une violence comme une autre. Cette violence part souvent du rejet de la différence, d’un conflit, de difficultés de communication, d’une volonté délibérée de nuire. Basés sur le principe de la rapidité des échanges, les réseaux sociaux n’invitent pas nos jeunes à l’expression d’une pensée réfléchie. S’exprimer par écrans interposés appauvrit nos chances de communiquer de façon empathique. S’ils constituent de merveilleux vecteurs de partage, « lieu d’émancipation et de liberté » (MINOTTE Pascal, Coopérer autour des écrans, p.14), les réseaux sociaux ouvrent une porte sur notre intimité et donc aux jugements des autres. C’est pourquoi l’accompagnement éducatif de tous les adultes est primordial. Souvenons-nous que l’enfant et l’adolescent n’ont pas encore complètement les armes dans leur cerveau pour contrôler leurs pulsions. Aidons-les à avoir conscience de comment peuvent être perçus les photos et les messages qu’ils postent. Vous surprenez votre enfant à s’exprimer violemment via Internet ? Il est important d’intervenir. Invitez-le à exprimer clairement ce sur quoi porte exactement le désaccord et invitez-le évidemment à réparer le dommage qu’il a causé.

« Ne jamais publier ce que tu n’aimerais pas qu’on publie à ton sujet » « Ne partages pas une publication qui devalorise un camarade » Consulter ici les 7 conseils aux plus jeunes pour lutter contre le cyber-harcèlement du collectif educ num initié par la CNIL.

Insistons sur les valeurs de respect de la vie privée et de la différence. Invitons-les à réfléchir sur leur propre droit à l’image et celui des autres. Ce lien de confiance permettra à nos enfants de sentir que nous serons à leur écoute s’ils rencontrent des difficultés et à même d’intervenir.

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Instaurons au plus tôt des règles d’usage du smartphone et d’internet à la maison et sécurisons leurs outils

La particularité du harcèlement sur Internet est qu’il est sans répit, ce qui est d’autant plus impactant pour la victime. Il est donc important que votre enfant conserve à son domicile un sentiment de sécurité, des moments pour lui sans écrans.

Pour éviter le piratage, aidons-les à établir des règles sur la confidentialité de leurs données comme : ne donner à personne mots de passe et codes d’activation d’ouverture de téléphone. Invitons-les à avoir le réflexe de fermer leurs sessions sur les réseaux sociaux lorsqu’ils les quittent.

Nos enfants discutent régulièrement avec un interlocuteur inconnu, soyons méfiants tout en restant flexibles. Ils ne doivent pas accepter de rendez-vous, et refuser de discuter en dehors du forum de base (ne pas donner son numéro de téléphone par exemple, son adresse ou passer par un autre média d’échange : Messenger, Snapchat etc). Cependant, nos adolescents peuvent créer de réelles amitiés via Internet. Si c’est le cas, l’interlocuteur ou interlocutrice acceptera certainement de discuter avec vous pour gagner votre confiance. Vous pouvez par exemple organiser un appel vidéo tous ensemble pour faire connaissance.

Besoin d’aide pratique ?  Retrouvez nos conseils sur le contrôle parental ainsi que nos conseils pratiques pour accompagner à l’usage d’Internet et des réseaux sociaux.

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Enfants et adolescents victimes de cyberharcèlement ? Comment se défendre ?

 

Notre intervention est nécessaire même s’ils nous supplient de ne pas nous en mêler pour se et nous protéger. Montrons à nos enfants qu’ils peuvent avoir confiance en des adultes responsables, garants de leur sécurité et de leur bien-être. Pour autant, se faire justice soi-même (en contactant les fauteurs de troubles par exemple) n’est pas une solution, cela pourrait aggraver la situation. Il est possible que le trouble provienne d’un sujet qui concerne leur intimité. Dans ce cas, il est peut-être compliqué pour eux de nous en parler, soyons compréhensif et aiguillons-les auprès d’autres adultes de confiance capables d’intervenir ou vers le numéro vert 0800 200 200. Parlez-en au professeur principal et au directeur d’établissement, ou à tout autre adulte responsable de groupes d’enfants (directeur de centres de loisirs et colonies de vacances, animateur d’activités périscolaires). Ces professionnels sont aujourd’hui formés pour intervenir sur ces situations.

Téléchargez le protocole de traitement de situation de harcèlement réalisé par le Ministère de l’Éducation Nationale : il contient une grille d’observation de signaux pour détecter et analyser dans le détail les situations de harcèlement. Bien que destiné aux professionnels, il peut nous être utile pour accompagner un enfant victime de harcèlement.

Tentons d’identifier les agresseurs. Ce n’est pas toujours facile puisque ceux-ci se cachent parfois sous de faux comptes. Malgré tout gardons en tête que cet anonymat est illusoire puisqu’il est possible de retrouver l’agresseur via son adresse IP. De plus, il est très fréquent que le harcèlement s’exprime ailleurs que sur les réseaux sociaux, la victime connaît son ou ses agresseurs dans l’établissement scolaire ou dans son entourage.

Collectons les preuves du cyberharcelèment via des captures d’écran. Gardons précieusement tout le contenu des conversations, des photos. Vous ne savez pas le faire ? N’hésitez pas à consulter ce tutoriel complet.

Pour porter plainte : Un mineur peut se rendre seul ou accompagné au commissariat ou à la gendarmerie et signaler les faits dont il est victime et ce même lorsque l’identité des agresseurs n’est pas connue. Cependant pour obtenir une réparation des dommages causés, le mineur aura besoin de ses parents ou tuteurs légaux (qui se constitueront en partie civile en son nom).

Signalons les publications, commentaires haineux, photos portant préjudice à votre enfant, bloquons les mauvais « amis ». Sur Facebook et Twitter,  utilisez le lien Signaler situé à côté de la publication, de la photo ou du commentaire. Attention : les échanges réalisés sur l’application Snapchat compliquent le signalement. En effet les messages s’effacent dès que l’application est quittée, nous conseillons aux jeunes de faire des captures d’écran instantanées  (tout en sachant que l’expéditeur en sera informé) ou de sauvergarder la conversation dans le chat en appuyant longuement sur celle-ci et en selectionnant « sauvegarder dans le chat ». Il est dans tous les cas toujours possible de recupérer photos et messages envoyés mais l’opération est complexe pour des non connaisseurs en informatique.

Sur Google, il vous est possible de demander la suppression de données concernant votre enfant. Le site e-enfance met à disposition une liste des formulaires pour demander aux plateformes (Google, YouTube, Instagram) de supprimer un contenu.

Pour vous accompagner dans toutes ces démarches, e-enfance a mis en place un numéro vert : 0800 200 000. Au-delà de l’écoute et du conseil, Net Ecoute peut vous aider au retrait d’images ou de propos blessants, voire de comptes le cas échéant.

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Article rédigé pour le Labo des images,

le blog du Pôle éducatif des Rencontres Audiovisuelles.
www.labodesimages.com

Prévenir et lutter contre le cyberharcèlement

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