La méchanceté sur internet, l’affaire de tous !

Cyber-harcèlement, bashing, revenge porn, nos ados sont tous concernés de près ou de loin par le harcèlement sur les réseaux sociaux. Avant de nous pencher sur comment prévenir ce phénomène et accompagner nos jeunes, tentons d’en définir les termes et la législation qui l’accompagne.

Le cyber-harcèlement, un harcèlement comme un autre

Le harcèlement scolaire et le cyber-harcèlement sont deux formes de harcèlement étroitement liées. Les violences subies dans le milieu scolaire se poursuivent sur les réseaux sociaux et vice versa. Les conséquences s’en trouvent aggravées. En France, 40% des élèves disent avoir été victimes d’une agression ou d’une méchanceté en ligne (1). Bien que l’inscription aux réseaux sociaux soit interdite aux moins de 13 ans, ce phénomène s’étend aujourd’hui aux élèves dès l’école primaire.

Il existe une loi qui réprime de façon générale le harcèlement. Le harcèlement est décrit comme « des propos ou des agissements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation de ses conditions de vie se traduisant par une altération de sa santé physique ou mentale ». Le site internetsanscrainte.fr le rappelle : « Injures, diffamations publiques, atteinte au droit à l’image, usurpation d’identité sont punies par loi. (amendes, peines d’emprisonnement) »(2)

La justice et les politiques avancent pas à pas pour adapter la loi à ces nouveaux phénomènes. Nous avons aujourd’hui besoin de recul pour observer l’effectivité et la mise en pratique de ces lois, c’est à dire si des condamnations sont réellement prononcées. Car dans les faits, peu de délits sont condamnés. Les services de police et de justice n’interviennent que lorsque les conséquences sont particulièrement dramatiques : comme des menaces de mort ayant entraîné le suicide par exemple. De plus, la justice est encore très frileuse à condamner des mineurs pour de tels faits. Malgré tout des brigades de police expertes du numérique travaillent quotidiennement pour traquer les criminels en ligne et mener des actions de prévention en milieu scolaire.

Il existe une loi qui réprime de façon générale le harcèlement

 

Et les réseaux sociaux dans tout ça ?

Les plateformes comme Facebook, Snapchat, YouTube, sont régulièrement pointées du doigt pour leur laxisme. Bien qu’ils cherchent en théorie à garantir la sécurité de leurs utilisateurs, leur position est en effet paradoxale puisque leur succès dépend des interactions sociales entre les individus et le partage de données. Cela questionne évidemment notre confiance en ces outils et notre éducation à l’utilisation de ceux-ci. Les plateformes se défendent au nom de la liberté d’expression de chacun et tentent à leur échelle de développer des outils de signalement et de modération selon leur propre politique de modération de contenus. Encore faut-il savoir s’en servir !

10%, c’est la part d’enfants harcelés qui parlent de leurs difficultés à leurs parents

 

Parents, éducateurs, à nous de jouer !

Nous ne pouvons pas attendre que la justice et les plateformes des réseaux sociaux fassent tout ce travail de prévention et de réglementation pour intervenir. Même si l’origine d’un harcèlement part souvent d’un conflit entre jeunes, une vengeance par exemple, le fait que le conflit s’exprime sur les réseaux sociaux prend une gravité considérable. Il s’agit alors d’un rapport de force recherché par les harceleurs. Rapidement, rumeurs, lynchages prennent une dimension qui nécessite l’intervention des adultes. Rappelons-nous que les relations s’exprimant via le numérique ne sont pas virtuelles ni un jeu, elles méritent notre attention. Les enfants et adolescents expérimentent leurs relations sociales au quotidien, Internet est aujourd’hui un espace incontournable de leur expérimentation, il est important de les accompagner dans cet apprentissage.

10%, c’est la part d’enfants harcelés qui parlent de leurs difficultés à leurs parents ; il semble important d’œuvrer à briser le silence sur ce sujet, d’établir une relation de confiance à travers l’utilisation des outils numériques dès le plus jeune âge.

Rappelons-nous que les relations s’exprimant via le numérique ne sont pas virtuelles ni un jeu, elles méritent notre attention

Enfin, pour vous aider à vous y retrouver, voici quelques anglicismes couramment utilisés dans les médias pour parler de harcèlement en ligne :

Bashing : Ce terme est utilisé pour parler d’un défoulement collectif, d’un lynchage sur un individu. Cela se caractérise par de longues séries de messages d’insultes, de menaces, d’humiliations. La justice peine à condamner ces dommages du fait de leur caractère collectif. Techniquement, les services de police sont en mesure de retrouver individuellement les fauteurs de troubles (même lorsqu’ils sont anonymes) mais cela représente un travail considérable qui ne constitue pas toujours une priorité.

Troll : le troll ou le hater est une personne qui, sur Internet, cherche à nuire par des propos controversés et polémiques au-delà de la volonté d’avancer dans une discussion. Il cherche en premier lieu à discréditer celui qu’il considère comme adversaire. « Troller » comprend insulter publiquement et proférer des propos diffamatoires, deux faits condamnables.

Sexting et revenge porn : Littéralement traduit par « revanche pornographique », le revenge porn se caractérise par la diffusion en ligne d’images pornographiques ou de nus (dites « nudes ») sans le consentement de la personne photographiée ou filmée, dans le but de lui nuire. Ce phénomène touche principalement les femmes. Aujourd’hui la publication massive de telles images sont condamnables au nom du droit à l’image. De plus, la diffusion de contenus à caractère pornographique d’un mineur est passible d’une lourde peine. Le sexting, les sextos en français sont des messages à caractère sexuel envoyés à un partenaire. Si cette pratique n’est pas interdite, la divulgation publique du contenu de ces messages peut être considérée comme du revenge porn.

Happy slapping :  Slapping signifie en anglais « claque ». Un individu filme des images violentes, une agression en direct par exemple et la diffuse sur internet ou par messages dans son réseau d’amis. Depuis 2007, ces faits constituent une infraction autant pour l’agresseur que la personne qui filme.

Stalking : to stalk signifie « traquer ». Le stalking est une forme de harcèlement qui n’est pas reconnu au sens légal en France. Loin de la simple curiosité que nous exprimons parfois via les réseaux sociaux, le stalkeur suit avec une attention maladive l’ensemble des faits et gestes de sa victime afin de l’intimider ou de chercher son attention. Cette pratique a pour conséquence de créer un sentiment de peur et d’insécurité chez la victime. En se cachant derrière l’anonymat et de faux comptes sur les réseaux sociaux, ces individus (très souvent dans l’entourage de leur victime) se renseignent et portent préjudice (envoi de virus, intimidations etc.)
En attendant nos conseils pour lutter contre le cyber-harcèlement, nous vous invitons à lire l’article : Internet et les réseaux sociaux : et si on en parlait ?

Et à consulter le site http://www.e-enfance.org/. Il contient le numéro vert d’assistance téléphonique en cas de cyber-harcèlement : 0800 200 200

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Article rédigé pour le Labo des images,

le blog du Pôle éducatif des Rencontres Audiovisuelles.
www.labodesimages.com

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