Quels types de jeu puis-je proposer à mon enfant pour developper ses compétences ?

Souvent critiqués, nous oublions qu’accompagnés et adaptés à l’âge de l’enfant et de l’adolescent les jeux vidéo peuvent avoir des apports sur le développement. Jouer aux jeux vidéo peut stimuler de nombreuses compétences et donc être un levier éducatif.

Jouer : agir pour comprendre

Selon la convention internationale des droits de l’enfant, jouer est un droit. Jouer demeure d’ailleurs tout au long de notre vie une manière d’expérimenter ce que nous ne pouvons pas expérimenter en temps normal. C’est une façon pour chacun d’assimiler la réalité. Enfin, l’enfant apprend davantage quand il est acteur de ces apprentissages. Voilà un point positif pour les jeux vidéo qui, contrairement à la télévision, se jouent sur des écrans interactifs. Longtemps mal vus, les joueurs de jeux vidéo intéressent aujourd’hui les recruteurs de grandes entreprises pour leurs compétences.
Mais les jeux vidéo peuvent-ils être considérés comme des jeux comme les autres ? Oui et non : la réponse réside dans le choix des jeux et dans la manière d’y jouer. Violence, grossièretés, publicités intempestives, il est certain que sur écrans et parfois sur Internet les jeux vidéo méritent l’attention accrue des adultes autour de lui. De plus, personne ne peut nier le pouvoir captivant de ces jeux vis-à-vis des autres. Tâchons tout de même de détacher les compétences que peuvent acquérir nos enfants et adolescents par les jeux vidéo en fonction de leurs catégories.

 

Les capacités motrices : techniques et réflexes 

Plusieurs types de jeux contribuent au développement de l’intelligence de l’enfant de moins de 6 ans, notamment les jeux exerçant sa motricité. L’enfant observe les effets du mouvement de son doigt sur l’objet. Pour varier des crayons et des feuilles, les jeux de dessin ou de construction sont intéressants. L’enfant obtient alors peu à peu une certaine technicité et coordination psychomotrice.
Chez les enfants plus âgés, les jeux de combat, de tir, d’action et de simulation permettent de développer la motricité fine, les réflexes du joueur ainsi que la maîtrise de lui-même. En effet, la pratique des jeux vidéo améliore les capacités d’attention visuelle des enfants, comme celle d’être capable d’identifier rapidement une cible, d’être capable de se concentrer simultanément sur plusieurs choses et de prendre des décisions rapidement.

 

Quels jeux choisir ?

Moins de 7 ans : Jeux d’application de dessin et de création, jeux d’arcade simplifiés, comme par exemple : Mucho Party et Kapu Forest.
7 ans et plus : Jeux de simulation de courses ou de sports comme Fifa et Mario Kart ; jeux d’aventure, de tir, de combat, souvent conseillés à partir de 12 ans comme Prince of Persia, Dragon Ball Z.

 

Stratégies, découverte et mondes imaginaires 

Au même titre que les autres jeux, les jeux vidéo développent la capacité d’élaborer des stratégies. Selon l’avis de l’Académie des Sciences, les jeux vidéo « préparent donc les enfants à une société de l’information dans laquelle la réflexion stratégique, la créativité, la coopération et le sens de l’innovation sont les facultés essentielles »1.
Très tôt l’enfant comprend le monde par « essais-erreurs », il s’agit tout d’abord de résoudre des tâches de façon intuitive, pour peu à peu être capable d’élaborer des stratégies. L’adolescent est ensuite capable d’élaborer des hypothèses. Souvent critiqués pour les valeurs défendues, les jeux de tir et de combat exercent pourtant la capacité à élaborer des stratégies dans un temps rapide.
Certains jeux vidéo permettent l’ouverture sur le monde : il existe des jeux éducatifs (jeux de mots, de mémoire par exemple) et même des jeux sérieux (serious games) auxquels l’école s’intéresse de plus en plus pour développer les apprentissages.

Enfants et adolescents sont sensibles à l’imaginaire. Dans son livre, Du bon usage des jeux vidéo, Benoît Virole démontre que les jeux vidéo « peuvent constituer des espaces de réalisation symbolique des désirs inconscients et d’élaboration des traumatismes ». Les jeux vidéo permettent à l’enfant d’apprendre à différencier le virtuel (le semblant) et le réel (pour de vrai). Les enfants de moins de 12 ans sont particulièrement sensibles aux jeux symboliques. Certains petits jeux de gestion comme habiller ou maquiller une poupée, s’occuper d’un zoo, correspondent à leurs pensées et intérêts. Plus tard les adolescents seront sensibles aux jeux de gestion et jeux d’aventure et d’action, ainsi qu’aux jeux de rôle.

 

Quel jeu choisir ? 

Moins de 7 ans : Les jeux de catégorisation (formes, couleurs, sons), puzzles, les jeux de découverte du monde comme l’application Le voyage d’Adeline la girafe, les petits jeux de gestion comme s’occuper d’animaux et développer une ferme, un zoo, etc.
7 ans et plus : Les applications de découverte du monde comme Morphosis, jeux de gestion type Minecraft, Sims (PEGI 12).
Pour les plus de 12 ans : Les jeux d’aventure, de rôle dans un monde imaginaire comme Zelda, et pour les plus de 16 ans, Final Fantasy ou encore Skyrim.

 

Emotions et sociabilités

Jouer à plusieurs permet l’apprentissage des règles sociales. Le jeu contribue aux tissages de liens et de convivialité. Grâce aux jeux en réseau, les adolescents développent leur aptitude à jouer en équipe. Les jeux qui valorisent l’entraide et la coopération auraient des effets bénéfiques sur les comportements.
D’un point de vue psychologique, les jeux vidéo offrent un parcours individuel dans la connaissance de soi, une maîtrise des angoisses. Jouer procure des émotions positives ou négatives mais cela nous apprend aussi à gérer ces émotions, cela influence sur l’estime de soi. Car jouer c’est s’amuser avec le vertige, la peur de perdre et le plaisir de gagner. Selon Michel Fize, les jeux « auraient même des effets thérapeutiques : une séance de jeu stimulerait la sécrétion de dopamine un neurotransmetteur lié au plaisir. » 2 Cette notion de plaisir est importante à observer chez nos enfants et adolescents, si les jeux vidéo leur procurent plus de sentiments négatifs que positifs il est temps de les inviter à passer à une autre activité.

Quel jeu choisir ?

Privilégier les jeux à jouer à plusieurs comme les jeux de simulation.
Moins de 7 ans : Certaines applications comme Les petites poules, ou des jeux comme Just Dance.
7 ans et plus : Mario ou encore la série les Lapins crétins.

 

L’essentiel :

Voici quelques conditions pour que ces apports restent positifs :
– Choisissons des jeux adaptés à l’âge de l’enfant et à nos valeurs éducatives. Aidons-nous pour cela de la signalétique PEGI, des conseils de vendeurs en boutique ou du site Pedagojeux, qui offre des conseils de qualité pour les parents.
– Limitons le temps de jeu. Le cerveau a besoin de temps, de repos pour assimiler de nouvelles compétences.
– Valorisons les moments où il joue avec ses frères, sœurs, camarades et pourquoi pas avec vous. C’est une manière d’observer en temps réel les compétences qu’il aura acquises grâce aux jeux.
– Aidons-le à alterner différents types de jeux sur écrans mais bien sûr hors écrans. C’est la variété des jeux proposés qui garantira son bon développement.   

1 ACADÉMIE DES SCIENCES, L’enfant et les écrans, p.159
2 FIZE Michel, Antimanuel d’adolescence, p.114

 

Article rédigé pour le Labo des images,

le blog du Pôle éducatif des Rencontres Audiovisuelles.
www.labodesimages.com

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