Comment éviter les crises de larmes de mon enfant lorsque j’éteins l’écran ?

Crises de larmes, agitation, conflits… lorsque je souhaite éteindre la télévision ou la tablette, mon enfant se met dans tous ses états. Que se passe-t-il et comment l’accompagner ? 

Les écrans sont fascinants pour nos jeunes enfants. Ils y sont de plus en plus tôt confrontés et nous impressionnent par leur maîtrise de ces objets. Calmes, ils sont comme absorbés par les images qu’ils consomment. Serge Tisseron est un auteur de référence sur cette question. Il compare la consommation des écrans à une consommation de sucreries dont l’estomac n’est jamais rassasié.

 

Serge Tisseron compare la consommation des écrans à une consommation de sucreries dont l’estomac n’est jamais rassasié.

L’aider à sortir doucement de cet état 

L’autorégulation est la capacité de pouvoir s’arrêter de faire quelque chose quand on le décide, même quand on a envie de continuer. Cette capacité loin d’être acquise à l’âge adulte est d’autant plus difficile pour nos enfants qui ont besoin de nos limites. Face à l’écran, l’enfant se retrouve dans un état semblable à l’hypnose. Il a des difficultés à répondre aux demandes de l’adulte. Une des manières d’éviter les crises est de l’aider à sortir doucement de cet état et de le ramener avec vous : en parlant avec lui du programme ou d’autre chose, en lui offrant une présence physique et/ou en lui exprimant ce qu’on souhaite faire avec lui.

Limiter le temps d’écran

Pour que les écrans gardent des impacts positifs, il est important d’en limiter le temps d’usage.

 

Pour que les écrans gardent des impacts positifs, il est important d’en limiter le temps d’usage. C’est difficile quand on sait que tout ce qu’on regarde est conçu pour que l’on n’ait pas envie de s’arrêter. La télévision et internet offrent en effet un contenu sans fin ! Pourtant ces limites, lorsqu’elles sont expliquées à l’enfant, l’aident à se construire. Chaque parent le sait, l’apprentissage de la frustration est long et semé d’embûches ! On ne peut que vous conseiller de tenir bon, cela finira par payer. Son cerveau a besoin de calme pour apprendre, penser et mémoriser. Pour sa santé, ses yeux ont besoin de repos, et son corps a besoin d’activité physique.
10 minutes, c’est la capacité de concentration d’un enfant de moins de 6 ans. On peut dire qu’au delà de ce temps devant un écran, même devant un programme éducatif, l’enfant retient peu de choses positives. En d’autres termes, même s’il est fasciné, son cerveau s’ennuie.
Bien sûr, nous vous conseillons d’adapter cette limite du temps d’écran à la qualité des programmes et des jeux vidéo que vous lui proposez. Avec les écrans comme avec toutes choses : pour nos enfants, privilégions la qualité à la quantité.

 

10 minutes, c’est la capacité de concentration d’un enfant de moins de 6 ans.

Définir avec lui le temps d’écran à l’avance et anticiper son temps de jeu suivant le temps d’écran

Dès petit, l’enfant est capable de faire des choix et est valorisé lorsqu’il se sent écouté. Demandez lui par exemple : préfères-tu ce programme-ci ou ce programme-là ? 30 minutes de tablettes ou 30 minutes de télévision ?
Avant d’allumer l’écran, demandez lui ce qu’il souhaite faire ensuite (un dessin ? un jeu ? une sortie ?). Cette perspective d’un « après » écran lui donnera la force de surmonter ce moment difficile. Plusieurs parents nous ont confié avoir moins de difficulté avec leurs enfants grâce à cette petite astuce. Rappelez-vous également qu’il est toujours plus facile de s’arrêter à la fin d’une partie ou d’un programme.
Dès 2, 3 ans l’enfant est fasciné par la notion du temps.
 Placer une horloge au dessus de la télévision ou offrir une montre, un minuteur, pourra lui permettre d’observer par lui-même que le temps passe devant un programme et que cela n’est pas de votre fait ! Il est même possible qu’au début de l’expérience, votre enfant regarde davantage l’horloge que l’écran, si si !

 

Dès 2, 3 ans l’enfant est fasciné par la notion du temps.

Lui faire et vous faire confiance

La crise qui suit la fin des programmes est en fait une surcharge émotionnelle. Serge Tisseron pense que l’enfant retient toutes ses émotions ressenties face aux images, il n’a pas le temps de les vivre tant elles se succèdent rapidement. En toute logique un enfant qui reste immobile sur un canapé aura inévitablement besoin de bouger à un autre moment. Jouer, créer, échanger lui permettra d’évacuer par lui-même toutes ces émotions. Rappelons-nous également que l’enfant a besoin de s’ennuyer pour se construire. Faisons lui confiance à pouvoir trouver en lui-même les sources de stimulation dont il a besoin. Cela développe son imagination, sa capacité d’autonomie et sa créativité.
Faites-vous aussi confiance, le jeune enfant apprendra toujours plus en interagissant avec vous et avec le monde que devant un écran. Invitez-le à observer, participer, à faire semblant, même lors de vos tâches quotidiennes.

 

Rappelons-nous également que l’enfant a besoin de s’ennuyer pour se construire.

 
L’essentiel :
. Avant le temps d’écran, déterminons avec lui la durée de ce temps et aidons-le à anticiper l’activité suivante.
. Préparons-le et aidons-le à sortir doucement de cet état par la parole.
. Limitons le temps d’écran : privilégions la qualité de ce qu’il consomme à la quantité.
. Faisons-lui confiance à pouvoir trouver en lui-même les sources de stimulations dont il a besoin.

Article rédigé pour le Labo des images,

le blog du Pôle éducatif des Rencontres Audiovisuelles.
www.labodesimages.com

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